2019-02-08

Beni Matti – chef de course, «disque dur» et bourreau de travail

Les journées de travail de Beni Matti à Are sont longues et intenses. Pour réaliser ses tâches, ses principaux outils de travail à disposition sont sa tête, ses jambes et son smartphone. Celui-ci doit être rechargé deux fois par jour, pour permettre à Beni de rester branché en permanence.

Beni Matti – chef de course, «disque dur» et bourreau de travail

Tout se passe généralement en même temps pour Beni Matti à Are. Le chef de course de Stöckli est simultanément organisateur, coordinateur et interlocuteur, tous les jours de 7h30 à 22h30 durant ces championnats du monde. Et quand cela est nécessaire, il travaille aussi plus tard le soir ou se lève plus tôt le matin. Beni Matti n’a pas d’autre choix que d'être souple dans ses horaires, en accord avec chaque situation. Ces championnats du monde d’Are sont le troisième grand événement auquel le technicien bernois de 38 ans participe en tant que chef de course. Il a déjà occupé cette fonction aux championnats du monde de St-Moritz en 2017 et il y a une année en Corée, avec à la clé des médailles olympiques. Beni, qui travaille depuis maintenant 10 ans chez Stöckli, nous fait plonger à ses côtés dans une journée de travail «normale» à Are, avec courses ou entrainements au menu.

Avant de se rendre sur la piste pour la reconnaissance du parcours, aux environs de 8h00, Beni Matti a déjà répondu à de nombreux messages et parlé plusieurs fois au téléphone. «Lors de la reconnaissance, j’observe les conditions, les caractéristiques de la neige et la météo. Sur la base de ces informations, je discute avec les servicemen pour décider s'il faut encore modifier la préparation des carres ou le fartage», nous explique le citoyen de Gstaad. Lors de ce travail, il faut mesurer la température de la neige, l'humidité de l'air et d'autres paramètres pouvant influencer la préparation du matériel. Parfois, selon les tâches à effectuer aux skirooms, les servicemen de Stöckli ont déjà récolté ces données individuellement en amont. Mais les techniciens sont aussi souvent contents de recevoir ces informations de la main de leur chef.

De petites discussions ont parfois aussi lieu avec les athlètes, durant ou après la reconnaissance, si les circonstances l’exigent. «J’essaie cependant de rester le plus discret possible, car les athlètes ne veulent pas être dérangés pour rien et ils sont en général suffisamment entourés avec leurs coaches et leurs servicemen.» Si le temps à disposition le permet, le technicien bernois passe encore rapidement par la piste d'échauffement avant de se rendre dans l’aire d'arrivée. Beni Matti s’assure que les «skis d’arrivée» sont prêts pour les éventuelles interviews et que le logo de la marque est bien visible, pour des raisons évidentes de publicité. Et les appels téléphoniques et les messages ne s’arrêtent bien entendu pas durant tout ce temps. Les membres et les techniciens de l’équipe Stöckli ont toujours besoin de quelque chose, les journalistes veulent fixer un rendez-vous pour une interview, afin d'en savoir plus sur les coulisses et obtenir des informations de première main. Mais l’heure de la course approche et la tension augmente pour Beni.

Tout est en place, l’épreuve commence et le chef de course est au moins aussi tendu que les spectateurs se trouvant sur place ou devant leur poste TV. Les skis fonctionnent-ils comme attendu? Avons-nous pris les bonnes décisions? Bien entendu, Beni Matti porte avant tout son attention sur «ses» athlètes et leur performance en course. Ilka Stuhec et Jasmine Flury ont déjà franchi la ligne d'arrivée et c'est maintenant au tour de Michaela Wenig de dévaler la piste. Beni suit la compétition sur le grand écran à l'arrivée et rien ne peut dévier son attention à ce moment. Il nous explique plus tard sur quels éléments il se concentre lors du passage des athlètes de l’équipe. «Tandis que les spectateurs TV se focalisent en premier lieu sur le corps du skieur ou de la skieuse, j'observe principalement les skis et leurs mouvements.» Michaela Wenig signe le 8e chrono de cet entrainement et semble assez satisfaite de son résultat. Elle se dirige immédiatement vers son chef de course et discute un peu avec lui. «Elle m’a parlé de ses sensations sur la neige et du comportement de ses skis. Sa perception en course et la mienne, via le grand écran, ne sont pas forcément les mêmes, raison pour laquelle nous maintenons ces échanges en vue de possibles améliorations.» Une analyse détaillée et une discussion plus en profondeur à propos du matériel ont lieu ultérieurement, en présence du serviceman. Tout cela n'empêche néanmoins pas Beni Matti de se faire une première impression, qui a selon lui aussi son importance lors des échanges avec les servicemen. «Les techniciens ne peuvent la plupart du temps pas suivre la manche à la TV et sont donc contents de recevoir mon feedback. Avec encore les impressions de l’entraineur, qui se concentre lui principalement sur les mouvements et la position de l’athlète, on obtient une vision générale de la performance.»

Quand la situation l’exige, le chef de course effectue plus tard une analyse vidéo en compagnie de l'entraineur. «Nous travaillons main dans la main, avec comme objectif premier un gain de vitesse pour l’athlète. Ces échanges d’informations jouent un rôle important dans ce travail. Évidemment, comme responsables du matériel, notre job n'est pas d'aller à l'encontre de la perception ou des corrections proposées par l’entraineur. Il se peut toutefois que nos points de vue divergent en raison de nos différentes compétences. Mais nous devons trouver un terrain d’entente à la fin, car ce sont les intérêts de l’athlète qui comptent avant tout.»

La journée ne se termine bien entendu pas avec la fin de la course. Le travail continue dans les skirooms, qui se trouvent à trois minutes à pied de l’aire d'arrivée à Are. Des discussions avec les servicemen et les testeurs vont définir quels essais seront effectués le lendemain et sur quels éléments se porteront ceux-ci – car des tests de skis sont effectués tous les jours. Et Beni garde toujours un œil sur son smartphone, qu’il recharge partiellement quand l’occasion se présente. Il se focalise sur ses tâches et évite de se déconcentrer en observant le travail des autres marques de skis. «Cela n'apporterait que de la confusion. Je ne sais pas quelle combinaison l'athlète a utilisée ou quel fart a été appliqué sur quelle semelle. Tous ces éléments jouent un rôle important, mais je ne peux en fin de compte pas savoir si les informations de la concurrence correspondent à la réalité ou si elles n’ont rien à voir.»

Discussions, contacts avec Malters et la fabrique de skis, messages, e-mails et conversations téléphoniques: ces tâches vont occuper le chef de course Stöckli jusqu’au soir, et parfois jusqu'à très tard. La journée se termine rarement avant 22h. «Ceux qui pensent pouvoir décompter du temps ou des heures supplémentaires ne doivent pas faire ce job», nous confesse Beni entre deux messages. Il n’a pas le choix, il doit résoudre toutes ces questions sans pour autant disposer d’un bureau. «Mon bureau est partout, en bord de piste, dans l’aire d’arrivée, dans le skiroom, dans le hall de l’hôtel, au centre médical ou dans ma chambre d'hôtel, là où se trouve aussi en général mon laptop». Dans ce contexte, le cerveau de Beni fonctionne un peu comme un «disque dur». Les résultats des tests sont enregistrés dans son ordinateur, mais il sait aussi par cœur quelle paire de skis – par son numéro – fonctionne mieux sur quelle neige. Fort de toutes ces informations, Beni Matti a déjà en tête la prochaine journée de travail, et quand le réveil sonne le matin suivant, tout est déjà en place pour un nouveau pensum.

Mais aucun jour ne ressemble à un autre à Are, la météo change, on passe des entrainements à ceux des femmes, les différentes disciplines exigent différents processus de travail. Sans oublier bien entendu les reports ou les annulations de courses, qui augmentent encore un peu la charge de travail dans tous les domaines. Mais quelle est la pire chose qui pourrait arriver au cours de ces championnats du monde à Are? Beni Matti ne réfléchit pas longtemps avant de répondre: «Avoir des skis trop lents et qui ne fonctionnent pas!»

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