2022-11-18

COMPOSER DES SKIS ET DÉVELOPPER DES CHANSONS… OU PLUTÔT LE CONTRAIRE?

Il est musicien dans l’âme, ouvert, créatif et fan de ski jusqu’au bout des lattes: David Bucher, nom d’artiste «Dabu», sillonne avec succès toute la Suisse en compagnie de son groupe «Dabu Fantastic». Au cours d’un entretien exclusif, il nous explique ce que composer des chansons et développer des skis ont en commun, pourquoi monter sur scène ressemble presque à une course de Coupe du monde et pourquoi, en plus d’être musicien, il est un grand fan de ski.

COMPOSER DES SKIS ET DÉVELOPPER DES CHANSONS… OU PLUTÔT LE CONTRAIRE?

«Lorsque je monte sur scène pour un concert, j’ai toujours en tête cette image du départ d’une course de ski», affirme Dabu. «Les projecteurs s’allument et c’est parti. Ensuite, chaque seconde, chaque geste compte, l’adrénaline monte, le cœur s’emballe. Un peu comme un skieur dans le portillon de départ. Chaque détail compte dès ce moment… concentration maximum, engagement total, on y va à fond. Que ce soit sur deux minutes lors d’une course de ski ou durant deux heures lors d’un concert, cela n’a pas d’importance, la notion de temps disparait complètement. Tout ce qui compte, c’est ici et maintenant, toute l’attention est portée sur ce que je suis en train de faire. Je ne pense pas à demain ou à l’endroit où je vais aller ensuite. Je me concentre sur le moment présent, sur chacune de mes actions, et dans mon cas, il s’agit simplement d’assurer un concert.»

C’est tout à l’image d’un skieur en course: focalisé, concentré, l’esprit entièrement tourné vers ce qu’il fait. Cela est important, car, comme il le dit: «Je souhaite offrir à mon public un concert inoubliable, le meilleur spectacle possible. Il faut éviter au maximum les erreurs ou les fausses notes.»

Est-ce que participer à une course de ski ou donner un concert revient au même? On peut penser qu’il s’agit de deux choses bien différentes. D’un côté une piste, de l’autre côté une scène. D’un côté un sport, de l’autre côté une présentation artistique…. et on peut continuer comme ça longtemps! Mais si les compétitions de ski et les concerts sont deux choses différentes, elles ont aussi de nombreux points communs. On retrouve l’adrénaline, la concentration et l’instant présent, mais ce n’est de loin pas tout. Car dans les deux cas, les moindres détails, une bonne coordination, des réglages précis et une configuration parfaite sont nécessaires pour atteindre le succès.

Dabu, qui semble à première vue très décontracté, devient volontiers perfectionniste lorsqu’il compose ses chansons, surtout en ce qui concerne les textes. En fin de compte, tout dépend d’un bon arrangement. «Le morceau doit être cohérent, parfait, chaque détail doit se trouver en harmonie avec les autres. Chaque ligne doit avoir exactement le même nombre de syllabes. Le même nombre de syllabes doit toujours rimer, et ainsi de suite. Il m’arrive de m’asseoir pendant des heures pour régler chaque détail.»

Il est donc évident qu’une chanson, et encore moins un album entier, ne nait pas du jour au lendemain. Une chanson nait d’une émotion ou d’une expérience de vie. «Il peut y avoir des choses que je rejette au départ et qui reviennent des années plus tard.» Dabu a ainsi déjà écrit au fil des années plusieurs centaines de morceaux qui ne seront probablement jamais produits et diffusés. Pour l’album actuel «So Easy» également, il y avait au départ environ 65 chansons sélectionnées, pour n’en garder que onze à la fin. «Un album se doit d’être cohérent par lui-même, tout doit s’accorder à la fin.»

On peut ici de nouveau établir un parallèle avec le ski. Au début de chaque développement de ski, il y a l’idée, puis différents tests en laboratoire pour savoir ce qui convient et ce qui ne convient pas. On passe ensuite à des tests sur la neige. Certains skis fonctionnent, d’autres non. On effectue des améliorations, on procède à de nouveaux tests et ainsi de suite, jusqu’à ce que seuls les meilleurs modèles soient produits en série… ou les meilleures chansons sur l’album de Dabu.

Est-ce là la raison pour laquelle Dabu est si fasciné par Stöckli? «Peut-être», ose-t-il, «on remarque par exemple chez Stöckli que les détails revêtent une grande importance, et c’est là une chose qui me touche.»

Détail qui a toute son importance dans ce contexte, Dabu est un véritable mordu de ski. Son modèle favori est le Laser SX. «C’est le premier ski Stöckli avec lequel j’ai skié et il correspond parfaitement à mon style et à ma technique.» Dabu passe beaucoup de temps à la montagne en hiver et suit autant que possible les courses de ski à la télévision. «J’aime passer du temps sur les pistes, parce que je peux complètement déconnecter. Je ne me concentre que sur moi-même et sur mes performances.» C’est donc à l’image de ce qu’il fait sur scène, ou d’un athlète lors d’une course de ski. «J’apprécie aussi beaucoup les petites discussions sur les téléskis, avec des amis ou d’autres personnes que je ne connais pas. On peut parfois poursuivre une conversation lors de la prochaine montée, et d’autres fois, on est juste content que la conversation se termine une fois arrivé en haut», explique-t-il en riant. «Mais c’est toujours enrichissant et divertissant.»

L’origine de cette fascination pour le ski de la part de Dabu est assez intéressante. «En tant qu’enseignant, mon père a dirigé des camps de ski scolaires lors desquels nous, ses enfants, l’accompagnions avec notre mère. Quand j’avais 5 ou 6 ans, Peter Müller a effectué une visite parce qu’il était un bon ami du professeur de gymnastique», se souvient-il. Un poster et un autographe plus tard, le petit David se prenait pour Peter Müller chaque fois qu’il chaussait ses skis. Il voulait descendre aussi vite et sauter aussi loin que le grand champion. Le camp de ski familial annuel «Wengenschnee», dans la station de Wengen, est devenu le moment fort de l’hiver, à tel point que Dabu participe aujourd’hui encore à cet événement. Cela pas seulement en tant que participant, mais aussi en tant que fier organisateur. «C’est une expérience qui m’apporte beaucoup. Des moments où l’on s’amuse sur les pistes ou tout simplement dans la neige, et où la vie de camp revêt une grande importance.» C’est une histoire de cœur, trois semaines durant lesquelles il n’est ni Dabu ni David Bucher, mais tout simplement Peter Müller.

Durant cette période, Dabu fait aussi exceptionnellement sonner un réveil tous les matins. «Je n’ai normalement pas besoin de le faire, c’est le grand luxe de mon travail de musicien.» Pour lui, l’important est de pouvoir vivre sa vie de cette manière. Lorsqu’une idée surgit à dix heures du soir, il écrit jusque tard dans la nuit. Il compose, crée des rimes, écrit des textes, joue des mélodies, le tout avec beaucoup de passion, un grand amour du détail et une remarquable profondeur. Encore une fois, on peut faire un parallèle avec le développement et la production de skis. Avec bien sûr quelques petites différences!

Pour plus d’informations sur Dabu Fantastic: dabufantastic.ch

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